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81ᵉ anniversaire de la Victoire de 1945

En ce 8 mai, la commune de Castellet-lès-Sausses et le hameau d’Enriez se sont réunis avec émotion autour du monument aux morts pour célébrer le 81ᵉ anniversaire de la Victoire de 1945. Dans un moment de recueillement et de mémoire, habitants, élus et jeunes de la commune ont rendu hommage à celles et ceux qui ont combattu pour la liberté et la paix. Claude Camilleri a rappelé, dans son discours, l’importance de transmettre aux nouvelles générations le souvenir des sacrifices consentis durant la Seconde Guerre mondiale, afin que les valeurs de courage, de solidarité et de liberté demeurent vivantes. La cérémonie a été marquée par une lecture particulièrement émouvante réalisée par les enfants et adolescents de la commune, évoquant le destin et l’engagement des résistantes françaises, dont le courage continue d’inspirer aujourd’hui. Un hommage simple et sincère, à l’image de ce village attaché à son devoir de mémoire.

La lecture

Hélène, une résistante des Basses-Alpes Mesdames, Messieurs, Chères élues, chers citoyens,
En ce 8 mai, nous célébrons la victoire de la liberté sur l’oppression. Nous rendons hommage à celles et ceux qui ont combattu, résisté, espéré.
Mais aujourd’hui, nous avons choisi de mettre en lumière une femme. Une femme dont le nom ne figure pas toujours dans les livres d’histoire. Une femme que l’on connaît surtout sous un prénom : Hélène.
Hélène n’est pas son vrai nom.
Hélène est un nom de guerre.
Derrière ce prénom se trouve Jeanne Lamotte, résistante dans les Basses-Alpes entre 1943 et 1945. Comme tant d’autres, elle a choisi l’ombre pour servir la lumière.
Dans ces années sombres, Hélène est agent de liaison.
Un rôle discret, mais vital.
Elle transporte des messages, transmet des informations, relie entre eux les groupes de résistants. Elle avance seule, souvent, sur des routes surveillées, avec en elle ce courage silencieux qui ne fait pas de bruit, mais qui change le cours de l’histoire.
Car sans ces femmes, rien n’aurait été possible.
Sans elles, pas de coordination.
Pas de circulation de l’information.
Pas de Résistance organisée.
Elles étaient jeunes, parfois très jeunes.
Elles étaient mères, filles, travailleuses.
Elles n’étaient pas toujours armées.
Mais elles étaient déterminées.
Et pourtant, leurs noms ont souvent disparu.
Effacés par le secret.
Oubliés par l’histoire.
Alors aujourd’hui, en évoquant Hélène, nous ne rendons pas hommage à une seule femme.
Nous rendons hommage à toutes les femmes des Basses-Alpes — aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence – qui ont agi dans la clandestinité.
À celles qui ont risqué leur vie sans jamais demander de reconnaissance.
À celles dont il ne reste parfois qu’un prénom… ou même rien.
Hélène est l’une d’elles.
Hélène est toutes ces femmes.
En ce jour de mémoire, souvenons-nous que la liberté que nous célébrons aujourd’hui a aussi été portée par leurs pas discrets, leurs mains courageuses, leur engagement sans faille.
Et faisons en sorte que, désormais, leur place dans notre histoire soit pleinement reconnue.